SauvezKerviel : site sur l'affaire de la Société Générale

L'affaire Jérôme Kerviel et son lynchage médiatique sans précédent...

26 janvier 2008

Scandale du siècle ? Les faits !

Vendredi 18 janvier : Salle des marchés de la Société Génrérale. Une banale opération d'arrêté des comptes en fin de journée fait apparaître des incohérences. Les contrôleurs identifient rapidement l'opérateur à l'origine de ces incohérences : il s'agit d'un trader anciennement employé dans le back-office de la Salle des Marchés, la structure chargée de  contrôler les transactions. Rapidement alertés, les dirigeants décident d’interroger le trader samedi et dimanche et découvrent peu à peu une entreprise de fraude stupéfiante. Depuis 2007, l’homme aurait profité de sa connaissance intime des systèmes de sécurité de la banque pour contourner la procédure de contrôle, outrepasser ses droits et prendre des positions sur le marché (options à terme sur indices) que son statut ne lui permettait pas. Les montants en question seraient colossaux, et la perte du trader se serait alors élevée à 1 milliard d’euro. Les dirigeants de la société auraient alors décidé de déboucler l’ensemble de ces positions le plus tôt possible, celles-ci étant considérées comme frauduleuses.

Des rumeurs ont-elles circulé dès ce jour ? En tous cas, ce vendredi 18 janvier, l’action de la Société Générale s’effondrait de plus de 8% dans un marché en baisse de -1,25%

Lundi 21 janvier : les marchés asiatiques clôturent le matin en forte baisse, entrainés par la chute en fin de semaine dernière des marchés américains, déçus pas le plan Bush de relance de l’économie américaine. Le Nikkei perd 3,86%. Cette chute, lourde, n’est pourtant pas un krach, les marchés asiatiques étant généralement assez volatiles. Les marchés européens ouvrent largement « dans le rouge », autour de -2%, mais un vent de panique va s’emparer du marché, et le CAC 40 clôturera la séance autour de -7%, soit sa plus forte baisse en pourcentage depuis le 11 septembre 2001. Les marchés américains fermés pour cause de Martin Luther King Day, l’Asie réplique le séisme le lendemain, puis les marchés européens reprennent la tendance baissière avant de se ressaisir en fin de journée. Le lendemain, mercredi, nouveau coup de tabac sur les marchés. C’est dans ce contexte que la Société Générale a débouclé les positions du trader, soit au pire moment. Quel a été l’impact de ce débouclage sur les marchés ? Certains analystes pensent qu’il a amplifié la baisse de 3 points. La Société Générale aurait donc entrainé une véritable débâcle sur les marchés, au-lieu d'une grosse correction. Bien évidemment, le débouclage de telles positions (entre 50 et 70 milliards d’euro) dans de telles conditions de marché entraînent une perte considérable pour la banque : 4,9 milliards d’euro !

Le 21 janvier, l’action de la Société Générale suit la tendance : -8%

Jeudi 24 janvier : la Société Générale annonce avoir été victime d’une position frauduleuse dans ses activités de trading dont le débouclage aura un impact de 4,9 milliards d'euros sur ses comptes. Son bénéfice net 2007, part du groupe, ne sera compris qu’entre 600 et 800 millions d'euros (contre 5,22 milliards en 2006). Ce montant astronomique fait passer pour presque anecdotique le montant des nouvelles dépréciations liées aux subprimes, d'un montant total de 2,05 milliards d'euro. Elle annonce en même temps une augmentation de capital de 5,5 milliards d'euros pour se renforcer. Suspendue de cotation dans la matinée, l’action perd encore 4% dans un marché pourtant euphorique (+6% sur le CAC 40). Le PDG envoie une lettre à ses employés et à ses actionnaires pour annoncer l’ampleur du désastre, avec des mots seyant bien peu à l’univers de la finance et de l’actionnariat (« tristesse »…).

Dans l’après-midi, l’identité du « fautif » est connu et est rapidement diffusée sur les forums dans les médias. Les éléments de l’affaire se mettent en place à une vitesse inouïe.

Vendredi 25 janvier : Une photo du trader, probablement émanant de la Société Générale, est à la Une des Quotidiens Nationaux. De larges articles racontent la vie et la personnalité de Jérôme Kerviel, jusque dans ses moindres détails. Un déchaînement de haine s’abat sur le jeune homme, traité de « terroriste » par la Banque. Les journaux annoncent que le jeune homme est introuvable, probablement « en fuite », ce que dément son avocat. Dans les forums, le scepticisme est de plus en plus grand quant à la portée de la fraude. Certes, nul ne la conteste, mais de plus en plus de voix s’interrogent sur son montant : la Société Générale ne chercherait-elle pas à accabler un jeune homme pour dissimuler une partie de ses pertes liées aux subprimes ?

Une enquête est confiée à la Banque de France. Le président de la République est « furieux » de ne pas avoir été informé avant de l’affaire… Un scandale est en route.

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