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L'affaire Jérôme Kerviel et son lynchage médiatique sans précédent...

17 mars 2008

Jérôme Kerviel confronté à son supérieur hiérarchique - mise à jour

Jeudi 6 mars, Jérôme Kerviel a été pour la première fois confronté, dans le bureau des juges d'instruction,  à son supérieur hiérarchique  direct, Eric Cordelle, 36 ans, responsable adjoint du desk Delta One spécialisé dans l'arbitrage, dans lequel il travaillait aux côtés de 7 autres traders. La confrontation a duré près de six heures.

Dans un premier temps, il en est ressorti que Jérôme Kerviel et Eric Cordelle avaient discuté, 15 jours avant la révélation de l’affaire, des limites d'investissements à ne pas dépasser, et de la capacité du trader à travailler dans ces limites.

Là s’arrête la convergence des points de vue. Pour Eric Cordelle, les limites d’investissements pour les 8 traders de Delta One étaient fixées à 125 millions d’euro, selon les règles de la banque d’investissement. Il a également affirmé qu’il n’était pas au courant des positions prises par son employé. Pour Jérôme Kerviel, ces limites étaient « théoriques » et « souvent dépassées ».

Quelle que soit la vérité, cette révélation est particulièrement troublante, dans la mesure où elle témoigne d’une absence de contrôle total de la part de la hiérarchie : fait gravissime pour la banque alors que, depuis plusieurs mois, des signes montraient que Jérôme Kerviel dépassait ces limites (le rapport interne de l’inspection générale de la Sogé, diffusé le 20 février, mentionnait 93 alertes).

D'autres responsables Delta One seront entendus comme témoins dans les jours à venir. S’ils pourront faire l’objet de sanctions disciplinaires en interne, leur responsabilité pénale ne sera pas engagée.

Par ailleurs, le Herald Tribune a révélé vendredi 14 mars, des nouveaux éléments de cette confrontation.

Jérôme Kerviel a affirmé que d'autres salariés de la Société Générale étaient associés à certaines de ses transactions. Notamment, dès le mois de mars ou avril 2007, il avait demandé à son assistant Thomas Mougard de saisir des transactions fictives et que celui-ci avait exécuté ses instructions en sachant qu'il s'agissait de masquer des positions ouvertes et des gains. Thomas Mougard a admis avoir eu connaissance d'opérations fictives, mais a contesté avoir voulu dissimuler des positions ouvertes.

Jérôme Kerviel a également affirmé qu'il avait pris des positions ouvertes qui pouvaient se chiffrer à cinq cents ou six cents millions d'euros, à partir du poste de son supérieur hiérarchique direct, Eric Cordelle, et en sa présence. Ces positions étaient dénouées en principe dans la journée ou transférées sur son propre ordinateur et conservées, à l'insu d'Eric Cordelle. Eric Cordelle a bien évidemment démenti ces affirmations, ajoutant qu'il avait vu Jérôme Kerviel saisir des opérations à partir du poste de travail d'un autre trader, Bu-Ly Wu, mais qu'il s'agissait de positions de quelques heures entrant dans le cadre de la formation de ce trader junior. Eric Cordelle aurait également adressé une mise en demeure de ne plus dépasser les limites en juillet 2005, après que Jérôme Kerviel eut annoncé un gain anormalement élevé de 200 000 euros.

Posté par SauvezKerviel à 19:07 - Enquête / Instruction - Commentaires [1] - Permalien [#]

Commentaires

    Le 13 mars, Jérôme a été confronté à ses supérieurs hiérarchiques.
    Son Supérieur direct dit ne pas "avoir vu" les positions litigieuses tenues par le Jérôme. Quid des 93 alertes ? L'encadrement a laissé faire cette pratique à priori courante chez les traders. A qui doit-on faire des reproches ? Qui est responsable ?

    Posté par Nicolas, 15 mars 2008 à 14:12

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