SauvezKerviel : site sur l'affaire de la Société Générale

L'affaire Jérôme Kerviel et son lynchage médiatique sans précédent...

20 octobre 2008

Audition du trader de la Société Générale

socgen

Maxime Kahn, patron du desk "Arbitrage" et secrétaire général d'une filiale de la Socgen, SGOE (SG options europe), le trader "super star", le plus expérimenté de tous selon Daniel Bouton, qui a débouclé les positions de Jérôme Kerviel entre les 21 et 23 janvier, a été entendu le 16 octobre par les Juges d'instruction (soit 3 jours après l'audition des Commissaires aux Comptes, où la défense a tenté de démontrer des irrégularités dans la comptabilité de la banque, prouvant que la hiérarchie approuvait les positions du Jérôme Kerviel).

Cette audition de Maxime Kahn faisait suite aux demandes répétées de la défense de Jérôme Kerviel. En question : le moment où l'intégralité de ces positions auraient été débouclées. La banque a toujours mentionné que l'opération avait eu lieu en 3 jours, en pleine tempête boursière. La défense de Jérôme Kerviel voudrait s'assurer de la véracité de cette information, soupçonnant peut-être que le débouclage ait pu se terminer les jours qui suivaient, c'est-à-dire, alors que le marché se reprenait un peu. La défense se demande également si la Socgen n'aurait pas profité de cette affaire pour liquider des positions pourries (titres Subprimes) autres que celles de Jérôme Kerviel, et faire une sorte de "package global". D'ailleurs, rapidement, Maxime Kahn a effectué ses débouclages dans un bureau isolé, sans qu'il puisse être vu. Auquel cas, le montant du préjudice annoncé (5 milliards d'euro) pourrait être inférieur.

A noter que Maxime Kahn, 37 ans, est diplômé de l'École Centrale de Nantes (ville d'ailleurs où Jérôme Kerviel a fait ses études, c'est étrange parfois comme les destins se croisent !). Du fait de ses fonctions, Maxime Kahn ne tradait pratiquement plus.

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17 octobre 2008

Après la Société Générale, l'Ecureuil !!

ecureuil

Alors que la défense de Jérôme Kerviel s'attache à démontrer l'accord de sa hiérarchie dans ses prises de positions qui dépassaient les limites autorisées, la nouvelle affaire de la Caisse d'Epargne l'Ecureuil leur apporte de l'eau au moulin quant aux pratiques couramment répandues dans les salles de marché.

Ainsi, l'Ecureuil a annoncé aujourd'hui une perte de 600 millions d'euro alors qu'une équipe de 5 ou 6 traders avaient outrepassé les limites de leur mandat en prenant des positions non autorisées, qui ont été débouclées dans la semaine du 6 octobre, c'est-à-dire en plein krach boursier. Les événements ressemblent étrangement à ceux de la Générale, et il semble que les traders de l'Ecureuil n'aient rien appris, ni de l'affaire de la Générale, ni de la crise des Subprimes, en prenant des risques inconsidérés sur les produits dérivés dans une période de folie boursière.

Comble du mépris de la direction de l'Ecureuil pour ses clients, la banque présente cette grosse boulette comme un «incident de marché» qui s'explique par « l'extrême volatilité des marchés et du krach boursier de la semaine du 6 octobre».

On croit rêver!!!! Mais non, ce ne sont pas les pauvres traders (et leur hiérarchie) de la banque qui sont responsables de ce gouffre, mais les vilaines conditions du marché, qui, horreur! empêchent des incompétents de gagner beaucoup d'argent facilement. Alors que tous les dirigeants de la planète prônent un capitalisme responsable, que la banque Lehman Brothers a été sacrifiée pour l'exemple (provoquant d'ailleurs une débâcle financière encore plus grande!), que les contribuables du monde entier vont payer pendant des années la facture des plans Paulson et consors, des brillants traders continuent de flamber l'argent, comme si la crise de liquidités n'était pas assez grave.

L'Ecureil a beau avoir déclaré que des sanctions ont été prises, on se rend aujourd'hui encore mieux compte de ce que peut être l'activité d'une salle de marché : quant tout va bien, on se gave comme des fous, mais quand ça va mal, on coule. Bravo!

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13 octobre 2008

Les commissaires aux comptes de la Société Générale convoqués

jkerviel

C'est donc aujourd'hui qu'a lieu l'audition des Commissaires aux Comptes (Deloitte et Ernst & &Young) par les magistrats chargés de l'enquête, Renaud Van Ruymbeke et Françoise Desset. Rappelons que cette audition demandée par Jérôme Kerviel et ses avocats était initialement prévue le 22 septembre.

La défense de l'ancien trader tente de démontrer que ses opérations avaient été validées en comptabilité, ce qui selon eux, démontrerait une acceptation tacite de la hiérarchie de la banque, voire une complicité active.

Cette confrontation a été l'occasion, pour une des avocates de Jérôme Kerviel, Maître Caroline Wasserman, de faire valoir de façon anticipée un certain nombre d'arguments afin de préparer l'opinion publique à d'éventuelles révélations.

Ainsi, on a appris que Marine Auclair, une responsable du "Middle résultat" avait adressé le 16 avril 2007 un mail à sa hiérarchie (Maia Miori-Otal) et à plusieurs contrôleurs financiers en s'interrogeant sur un montant de 94 millions d'euros non-justifié en comptabilité.

Le JDD (Journal du Dimanche) cite le mail : "Ce mail pour vous informer que nous avons 88 Mios d'euros d'écarts FO/CO [c'est-à-dire entre ce qu'annonce le trader et le résultat comptable] sur trois futurs dax juin du gop 2A [produits achetés sur le marché allemand, le Dax étant l'indice de la Bourse de Francfort. Le gop 2A est le centre opératoire de Jérôme Kerviel] et 6 Mios d'euros sur un forward booké [produit négocié de gré à gré] face à Click Option au 30/03/2007"

Ce montant aurait finalement été validé en comptabilité après juste une réunion de service et un entretien avec le trader (en présence de Vincent Guyot, contrôleur financier et Sébastien Lombard, responsable de l'équipe "Risq"), où celui-ci aurait révélé l'existence de transactions fictives.

Négligence coupable ou complicité active de la part de la banque ? C'est à cette question que les juges d'instruction devront apporter une réponse, après s'être forgés une conviction. Mais il apparaît de plus en plus que Jérôme Kerviel n'a pas eu  beaucoup de difficulté à dissimuler ses opérations fictives, et même que sa hiérarchie les avait acceptées.

Toutefois, les montants en question (94 millions d'euro, si ce mail de Marine Auclair était avéré) semblent relativement faibles, et en tous cas, sans commune mesure avec les montants en jeu par la suite, et jusqu'au début de l'année 2008. En avril 2007, le montant non justifié passe de 94 à 142 millions d'euros pour atteindre 2,2 milliards d'euro début juillet 2007. A chaque fois, les explications fournies par Jérôme Kerviel, faisant suite à des dizaines de mails alarmistes, semblent satisfaire sa hiérarchie, qui enregistre toutes les opérations fictives en comptabilité.

Les juges devront donc évaluer si cet enregistrement en comptabilité de 94 millions fait de la banque une complice objective de Jérôme Kerviel, à qui elle aurait ainsi donné un "blan-seing" pour qu'il continue ses opérations.

Dans la foulée de cette audition, les avocats de Jérôme Kerviel n'ont pas manqué d'intégrer l'argument de la crise financière dans leur stratégie de défense :

Ainsi Maître Bernard Benaïem a déclaré : "Ce que nous disons, c'est que de façon évidente, et aujourd'hui la crise financière vient le confirmer, il y a un système qui existait et il ne faut pas que des lampistes, tel que Kerviel, soient les seuls a supporter les conséquences de cette crise financière".

Maître Eric Dupond Moretti a également déclaré : "Kerviel, c'est un élément parmi tant d'autres et la crise d'aujourd'hui démontre à l'évidence qu'il est un tout petit pion. Si j'avais du cynisme, je vous dirais que cinq milliards, à l'égard de ce qu'on a vu la semaine dernière, c'est peu de choses".

Sous-entendu, la course aux profits, qui a provoqué la crise des subprimes, a mis en place les conditions qui ont fait que Jérôme Kerviel a pris des positions au-delà de ce qui était autorisé.

Mais, ce qui me semble fallacieux, hors de propos, et pour ne pas dire une lourde erreur de la part des avocats de la défense de Jérôme Kerviel, est l'argument qui consiste à dire que 5 milliards d'euro, ce n'est pas grand chose au regard du désastre financier actuel. Certes, en relatif, c'est une part marginale. Mais 5 milliards, dans l'absolu, c'est beaucoup, et en plus, cette phrase maladroite sous-entend que Maître Dupond-Moretti admet d'une certaine façon la culpabilité de Jérôme Kerviel !

Est-ce parce que mon voisin fraude que j'ai le droit de frauder ? Non!

Ce lapsus (?) de Maître Dupond-Moretti est édifiant pour un avocat de cette envergure. Car, depuis le début, la défense de Jérôme Kerviel consiste à dire que ses agissements étaient admis par sa hiérarchie, et non que sa faute était légère en relatif, dans la mesure où la banque avait commis une faute encore plus lourde avec les titres Subprimes.

Notons enfin qu'une seconde confrontation avec les Commissaires aux Comptes est prévue le 21 octobre.

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