20 juin 2008
Confrontation Kerviel - Cordelle : nouvel épisode
Les confrontations Jérôme Kerviel / Eric Cordelle sont en passe de devenir un grand classique de l'instruction menée dans le cadre de lenquête sur l'affaire de la Société Générale, comme le sont, dans un autre domaine, celles entre Rafael Nadal et Roger Federer en finale de Roland Garros !
Après quelques affrontements à distance, avec notamment l'interview du Figaro où Eric Cordelle estimait avoir été mené en bateau par son n-1 (intervieuw commentée dans ce blog), les deux protagonistes ont une fois de plus été confrontés le 19 juin dans les bureaux des magistrats. Rien n'a filtré pour le moment de cette confrontation. On sait juste que les juges voulaient comprendre comment Jérôme Kerviel a pu passer ses transactions outrancières et ses opérations fictives sans jamais, ou si peu, être inquiété par sa hiérarchie, et Eric Cordelle en particulier.
24 avril 2008
Jérôme Kerviel a trouvé du travail
Jérôme Kerviel a "trouvé" un travail de consultant dans la société de conseil et expertise informatique LCA (basée à Levallois-Perret), et y travaille depuis début avril. Le propriétaire de la société n'est autre que Jean-Raymond Lemaire, expert judiciaire informatique à la cour d'appel de Versailles, qui avait déjà hébergé Jerôme Kerviel quelques jours après la révélation de l'affaire et lui avait déjà fait une proposition d'embauche lors de la fin de se détention provisoire.
La proposition d'embauche n'avait alors pas pu être honorée, compte tenu du contrôle judiciaire stricte imposé au trader, qui l'empêchait d'entrer en contact avec les protagonistes de l'affaire pendant l'instruction, dont Monsieur Lemaire. Cette contrainte a pû être levée suite à une demande de modification du contrôle judiciaire, qui permettait à Jérôme Kerviel d'être en contact avec Jean-Raymond Lemaire (celui-ci ayant depuis été entendu par les juges). Le contrôle judiciaire reste très stricte, avec notamment l'interdiction de quitter l'Ile de France.
Jérôme Kerviel serait encore en formation au sein de cette entreprise. Cette nouvelle réjouit en tous cas tous les partis. Avec l'ironie coûtumière des avocats et qu'il utilise régulièrement, Maître Jean Veil, défenseur de la Société Générale, a déclaré : "Je me réjouis que M. Kerviel ait retrouvé du travail. Ça l'aidera à rembourser la Société Générale"
Par ailleurs, ce retour dans le monde du travail n'empêche pas l'enquête de se poursuivre : Jérôme Kerviel a de nouveau été entendu hier par les juges d'instruction. Les juges attendent également aujourd'hui des éléments sur la poursuite de ses opérations de trading après que ses agissements ont commencé à susciter des interrogatoires par sa hiérarchie, et qu'il a dû produire des faux pour cacher ses positions. Jérôme Kerviel avait signifié à son ami Moussa Bakir, lors de leurs échanges électroniques sur Reuters, que l'étau commençait à se resserer, mais a pourtant continué à prendre des positions : ainsi, il a acheté pour 8,15 milliards d'euros de contrats à terme le17 janvier et 3,09 milliards le 18 janvier en contrats sur l'Eurostoxx et le DAX. Plus de la moitié des opérations du 18 janvier ont été enregistrées après 12 heures, certaines jusqu'à 20 h 15, juste avant son départ pour la Normandie. Soit après avoir envoyé de faux mails pour tenter de justifier, auprès des services de contrôle de sa société, une transaction fictive jugée suspecte.
18 mars 2008
Jérôme Kerviel sort de prison !

Excellente nouvelle : les juges de la chambre d'instruction de la cour d'appel de Paris, chargés d'étudier la demande de remise en liberté de Jérôme Kerviel, après avoir repoussé leur décision, ont décidé de mettre fin à sa détention provisoire, qui dure depuis le 8 février. Ayant finalement minoré la portée des complicités présumées, et non avérés pour l'instant, ils ont petu-être considéré que Jérôme Kerviel n'était pas le bandit de grands chemins que nous avait dépeint la Société Générale.
Jérôme Kerviel a quitté la prison de la Santé cet après-midi, à pieds, après avoir rempli quelques formalités, dont la levée d'écrou.

Il sera soumis à un contrôle judiciaire «extrêmement strict», avec notamment l'interdiction de quitter la région parisienne sans autorisation du juge d'instruction, d'entrer en contact avec des témoins et protagonistes de l'affaire (ses supérieurs à la Société générale, et ses collègues directs), et de se livrer «à une activité d'operateur de marché». Il devra aussi se présenter une fois par semaine à un commissariat de police et justifier chaque mois de son domicile.
Cette décision satisfait les avocats de Jérôme Kerviel, ainsi que le parquet qui ne fera pas appel de la décision. Celle-ci est donc définitive.
Bien entendu, nous nous réjouissons de cette décision, et, tout en souhaitant que l'enquête se déroule dans les meilleures conditions, continuons à apporter notre soutien le plus appuyé à Jérôme Kerviel dans cette période qui reste très difficile pour lui.
Jérôme Kerviel devrait être convoqué d'ici à la fin du mois pour la suite de l'enquête. D'ici là, il ne pourra pas, comme cela avait été laissé entendu vendredi dernier, être embauché par un de ses amis, l'expert judiciaire en informatique, Jean-Raymond Lemaire : Mr Lemaire figure en effet sur la liste des 23 personnes proscrites.
14 mars 2008
Jérôme Kerviel reste en prison - Décision reportée

C'est à 14h aujourd'hui, et à huis clos (contrairement aux souhaits des avocats Elisabeth Meyer et Guillaime Selnet), que la chambre d'instruction de la Cour d'Appel de Paris a examiné la demande de remise en liberté du numéro d'écrou 289 256 de la maison d'arrêt de la Santé.
Le parquet général, via son porte-parole Ulrika Weiss, avait annoncé hier qu'il s'opposerait à cette demande , justifiant sa décision par "les nécessités de l'instruction, puisque les actes d'investigation se poursuivent". "Il faut veiller à conserver les preuves qui pourraient empêcher la manifestation de la vérité et toute concertation frauduleuse" (Bien sûr !! Alors que l'enquête n'a toujours pas révélé le moindre complice...)
La défense de Jérôme Kerviel avait souligné de son côté que rien ne justifiait cette détention provisoire. Pour Christophe Reille, qui gère le communication du trader dans cette affaire, "Il n'y a pas de risque de récidive, pas de risque de collusion avec des complices malgré les tentatives régulières d'en faire apparaître là où il n'y en a pas. Jérôme Kerviel n'a jamais fui, ni ses responsabilités, ni son pays, ni la justice, ni même ses employeurs".
Commentant l'événement, l'avocat de la Société générale Jean Reinhart a déclaré : "Le préjudice est tellement sans précédent qu'on n'arrive même pas apprécier" son ampleur. Tout ça nécessite beaucoup de calme, de sérénité (...) A un moment, la pression sera encore plus forte pour lui. Quelque part, on le protège". Bien sûr ! Jérôme Kerviel devrait aussi remercier la Société Générale de l'avoir lynché publiquement, en le traitant de terroriste et en diffusant sa photo à la Une de tous les journaux...
Les juges chargés d'étudier la demande de remise en liberté de Jérôme Kerviel ont décidé de mettre la décision en délibéré jusqu'au mardi 18 mars à 9H00.
Ses avocats ont eu beau avancer une garantie de réinsertion chez un expert en informatique, Jean-Raymond Lemaire (qui l'avait hébergé au début de l'affaire), Jérôme Kerviel reste donc en prison un week-end de plus.
08 février 2008
Jérôme Kerviel placé en détention provisoire
Les Magistrats de la 6e chambre de l'instruction de la cour d'appel de Paris qui se réunissaient ce vendredi 8 février pour statuer sur la demande en appel du Parquet d'incarcérer Jérôme Kerviel se sont prononcés pour le placement en détention provisoire de ce dernier, afin "d'éviter la concertation avec d'éventuels complices ou co-auteurs".
Les magistrats ont donc suivi le Parquet qui avait mis en avant la "gravité des infractions" et les "risques de concertation avec d'éventuels complices". Ils ont peut-être été influencés par les récents développements de l'affaire : un courtier de la société Fimat a été placé jeudi après-midi en garde à vue dans les locaux de la brigade financière, pour être interrogé sur ses relations avec Jérôme Kerviel (information Le Monde) et notamment sur le fait qu'il aurait été au courant des agissements du trader ; une perquisition a également été menée dans les locaux d'une société de courtage en relation avec la Société Générale, selon une source judiciaire, qui n'avait pas précisé s'il s'agissait de Fimat.
Cette décision apparaît comme scandaleuse, et beaucoup de voix s'élèvent pour dénoncer le traitement en pénal d'une affaire qui devrait plutôt être du ressort des prud'hommes. On ne peut que partager la tristesse des proches et de l'avocate de Jérôme Kerviel. Passer une nuit derrière les barreaux pour un "pétage de plomb" au boulot, cela est complètement disproprtionné. J'espère que tous les nombreux messages de soutien, ici et ailleurs, parviendront à Jérôme Kerviel, du fond de sa cellule
05 février 2008
Evénement : Jérôme Kerviel sort de son mutisme
Coup de théâtre! Alors que le porte-parole de l'avocate de Jérôme Kerviel affirmait que celui-ci ne se mettrait pas en avant pendant la procédure, le trader a choisi de s'exprimer à l'AFP le 5 février, depuis les locaux de son avocate. Rien de nouveau sur le fond, c'est surtout le fait qu'il sorte de son mutisme, et la manière, qui créent l'événement. Tout d'abord, une interview accordée en pleine tourmente, qui laisse supposer que Jérôme Kerviel a, contrairement à ses dires, plutôt bien digéré la pression médiatique. Les rapporteurs de l'AFP soulignent un climat détendu. La Société Générale est évidemment largement attaquée dans son incapacité à gérer ses équipes, et Jérôme Kerviel plaide en quelque sorte la folie ("On se laisse un peu emporter"). Quant aux photos en gros plan, elles indiquent que Jérôme Kerviel assume pleinement son nouveau statut de "star", et ne semble pas particulièrement "oppressé". On peut se poser la question de la pertinence de cette opération de communication, qui ne montre pas un homme traqué et écrasé par la pression médiatique, mais on se rassurera aussi que Jérôme Kerviel n'est pas prêt à se passer la corde autour du cou!
Voici quelques extraits :
"J'ai été désigné (comme unique responsable, ndlr) par la Société Générale; J'assume ma part de responsabilité mais je ne serai pas le bouc émissaire de la Société Générale
"On perd la notion des montants quand on est engagé dans ce genre de métier. C'est dématérialisé. On se laisse un peu emporter. "Je n'ai jamais eu d'ambition personnelle dans cette affaire. L'objet, c'était de faire gagner de l'argent à la banque".
"Je ne suis pas suicidaire ni dépressif"
"Le battage médiatique est vraiment oppressant. Il y aurait beaucoup de choses à dire. Il y a beaucoup de déformations dans la presse"
"je n'ai à aucun moment pensé à fuir".
28 janvier 2008
Mis en examen... mais libre
Après 2 jours de garde à vue, Jérôme Kerviel a été mis lundi soir en examen pour «abus de confiance», faux et usage de faux» et «introduction dans un système de traitement automatisé de données informatiques», et laissé en liberté sous contrôle judiciaire, contre l’avis du parquet qui a fait appel de la décision. Cette mise en liberté sous contrôle judiciaire, avec interdiction de quitter le territoire et d’entrer en relation avec un employé de la Société Générale, a réjoui ses avocats. En revanche, les deux juges d'instruction, Renaud van Ryumbecke et Françoise Desset, n'ont pas retenu les chefs de mise en examen «d'abus de confiance aggravé» et de «tentative d'escroquerie» requis par le parquet.
Laissons désormais la justice faire son travail et apporter tous les éclaircissements à cette affaire. Jérôme Kerviel répondra aux questions de la Justice quand elle le souhaitera.
Nous ne pouvons que nous réjouir de cette décision de mise en liberté conditionnelle qui, d’une certaine façon, s’oppose au traitement calomnieux et dégradant que Jérôme Kerviel a subi, et qu’on réserve généralement aux criminels de la pire espèce. Nous espérons qu’il pourra retrouver un semblant de dignité et de la tranquillité auprès de ses proches.
Par ailleurs, un de ses deux avocats, le bâtonnier de Paris Maître Christian Charrière-Bournazel, a laissé entendre lors d’un entretien accordé à BFM TV que Jérôme Kerviel pourrait poursuivre son ancien employeur pour diffamation. J’ai mentionné dès l’ouverture de ce site le caractère diffamatoire et insultant des allégations de la Direction de la Société Générale. Je n’ai pas l’outrecuidance de penser que Maître Charrière-Bournazel a pioché quelques idées sur ce blog, mais j’ai aussi constaté qu’il usait de la même rhétorique empruntée à un ancien Président de la République (« jeter aux chiens »). Je me tiens à sa disposition s’il souhaite de nouveaux arguments à ajouter à sa plaidoirie !
Pour terminer, je transmets une nouvelle fois à Jérôme tous mes souhaits de sérénité, ainsi que mes encouragements dans cette difficile épreuve.
27 janvier 2008
Garde à vue prolongée pour Jérôme Kerviel
La garde à vue de Jérôme Kerviel à la Brigade financière est prolongée jusqu'à lundi midi, selon le parquet de Paris. On saura demain s'il est remis en liberté ou déféré au parquet en vue d'une mise en examen pour infraction pénale.
Nous n'avons pas d'information pour le moment sur le contenu de cette garde à vue, mais nous savons qu'il collabore et s'explique.
Nous sommes visiblement très loin du "terroriste", "autiste", ou encore "escroc" décrit par ses anciens employeurs.
Ce qui est frappant, c'est le nombre écrasant d'analystes sérieux qui pensent qu'il n'a pas pu faire cela sans être repéré par le système de contrôle. Aura-t-on des précisions sur une responsabilité possible d'autres employés de la Société Générale? Et combien de personnes sauteront-elles dans cette affaire?
26 janvier 2008
Breaking news : Jérôme Kerviel entendu à la Brigade Financière
Jérôme Kerviel a été placé samedi 26 janvier en garde à vue dans les locaux de la Brigade financière, rue du Château-des-Rentiers (XIIIe arr) à Paris pour y être entendu par les policiers chargés de l'enquête.
Cette information contredit donc le torrent d'informations calomnieuses trouvées dans la presse faisant état d'une fuite du Trader.
