27 juin 2008
Eric Cordelle et les actionnaires déboutés en appel pour être partie civile
Des actionnaires de la Société Générale et Eric Cordelle, ancien responsable de Jérôme Kerviel au desk Delta-One, se sont vus aujourd’hui déboutés en appel de leur demande de constitution de parties civile dans l’affaire de la Société Générale contre Jérôme Kerviel.
La chambre d’instruction de la cour d’appel de Paris a donc confirmé la décision des juges d’instruction Renaud van Ruymbeke et Françoise Desset, qui avaient déjà rejeté cette demande, conformément aux réquisitions du Parquet de Paris, qui estimait que « le préjudice invoqué n'est pas distinct de celui subi ».
La Société Générale sera donc bien la seule partie civile du dossier.
Pour Eric Cordelle (et accessoirement pour les actionnaires), qui avançait un « préjudice moral et un préjudice d’image » (et avait médiatiquement plaidé sa cause dans une longue interview au Figaro (voir le blog)), cette impossibilité de se positionner comme victime dans l’affaire lui ôte également toute possibilité d’accéder au dossier pendant la procédure, et surtout de demander des dommages et intérêts. Or, on sait bien combien le licenciement de ce brillant diplômé et ancien salarié émérite de la banque a considérablement mis à mal le pouvoir d’achat de celui qui, il y a peu déclarait, par la voix de son avocat, Maître Farthouat, avoir « subi un préjudice d'image du fait du délit de faux, car ces faux ont été faits pour le tromper » et qu’il n’avait pas l’intention de « se laisser hacher menu ». Les juges de la cour d’appel n’ont donc pas été sensibles à cette métaphore gastronomique !
28 mai 2008
Assemblée Générale de la Sogé : florilège des interventions des petits actionnaires
Les petits actionnaires de la Société Générale ne sont pas du tout contents de la gestion de leur banque et l'ont fait savoir avec toutes les formes dues lors de l'Assemblée Générale de la société qui s'est tenue le 27 mai 2008 devant une salle comble. Prenant régulièrement à partie les membres de la Direction, ils leur ont adressé une série de flêches auxquelles la Direction, sous les huées, a eu bien du mal à répondre, et n'a pas convaincu.
Voici un florilège des phrases entendues lors de cette Assemblée Générale :
"Quand on crée les conditions d'un gros bonus, on abaisse le seuil d'honnêteté des gens... S'il n'y avait pas eu ces gros bonus, il ne se serait pas passé ce qui s'est produit... On a fait emprisonner l'employé alors que ce sont ses patrons qui auraient dû quitter les lieux"
"Monsieur le président, je me demande pour qui vous nous prenez!... A qui ferez-vous croire qu'on peut faire des choses de ce genre impunément? Ou bien ceci convenait à la hiérarchie de la Société Générale, ou bien les contrôles sont nullissimes!... Monsieur Kerviel n'est qu'un pantin dans tout ça". (à noter que cet intervenant a également demandé aux administrateurs de la banque de renoncer à leurs jetons de présence pour 2007, soit 750.000 euro).
"On a été deux fois coupables. On a emprisonné Jérôme Kerviel, alors que ce sont les dirigeants qui auraient dû quitter la banque... Il y a eu 75 alertes et on n'en a pas tenu compte car l'ambiance était : grossissez, grossissez".
"Les opérations frauduleuses avaient lieu depuis 2004. Qu'a fait le directeur des marchés pendant ces deux ou trois années ?"
24 mai 2008
Rapports internes Société Générale - à télécharger... et à lire !
L'intégralité des rapports, accablants pour la Société Générale dans l'affaire des 5 milliards d'euro, disponibles ici.
La transparence de la banque dans cette affaire témoignerait-elle de sa volonté de reprendre un nouveau départ, dans une sorte de processus cathartique ?
13 mai 2008
Eric Cordelle a été convoqué à son entretien préalable au licenciement
Le motif invoqué est "insuffisance professionnelle", pour ne pas avoir détecté les agissements de son N-1 Jérôme Kerviel. Ainsi, la Société Générale reconnaît implicitement que Jérôme Kerviel n'est pas l'extraordinaire dissimulateur qu'elle n'avait cessé de dénoncer depuis la révélation de l'affaire ; elle reconnaît implicitement que le système de fraude du trader n'était pas indétectable par sa hiérarchie !
Tout ceci semble bien confirmer que la hiérarchie "savait"...
15 avril 2008
Daniel Bouton et la révélation de l'affaire de la Société Générale
Cité dans le Figaro le 14 avril 2008 :
"D'après le magazine américain Fortune, le PDG de la Société Générale Daniel Bouton a été mis au courant des risques qui pesaient sur la banque française le dimanche 20 janvier, au moment où il préparait une réunion du conseil d'administration prévue quelques heures plus tard. Or, toujours selon cette source, il n'aurait pas fait part immédiatement de cette histoire aux membres du conseil, préférant attendre le mercredi suivant, une fois les positions de Jérôme Kerviel dénouées et une recapitalisation de la banque assurée. Ce n'est qu'à ce moment là que Bouton a convoqué d'urgence les quinze membres de son conseil d'administration.
Le magazine Fortune argumente cependant que le comité d'audit avait été informé de la situation dès le dimanche soir. Par ailleurs, en confiant à un seul courtier le soin de dénouer les positions de Jérôme Kerviel et en tenant à l'écart, en tout cas dans l'immédiat, son conseil d'administration, Bouton a limité les risques de fuite, aux conséquences potentielles incalculables pour la Société Générale, estime le magazine. La Société Générale a subi une perte de 4,9 milliards d'euros en raison de positions non autorisées prises par Jérôme Kerviel"
28 janvier 2008
Bourse de Paris - La Société Générale dévisse
C'est un véritable torrent baissier qui s'abat désormais sur le cours de l'action Société Générale à la Bourse de Paris. Dans un marché en forte baisse, l'action chutait à nouveau de 8% vers 10H, portant à près de 20% la baisse depuis l'annonce de la perte de 5 milliards d'euro, auxquels n'oublions pas, s'ajoute une dépréciation de 2 milliards d'euro liée aux "subrpimes" (et "mystérieusement" passés sous silence par la Direction ces derniers jours).
Après avoir été soutenue à la hausse vendredi dernier par des espoirs de reprise par un concurrent, l'action n'a plu cessé de chuter depuis. Les investisseurs font visiblement preuve d'une grande défiance sur la capacité de la Société Générale à se relever sur le court terme. Ce n'est pas tant la qualité de la banque qui est mise en cause (elle a toujours réalisé d'excellents résultats), mais sa désolante incapacité à gérer une crise de façon maîtrisée : vente panique de titres dans un marché baissier, désignation d'un coupable dont les premiers éléments montrent qu'il ne serait pas l'escroc décrit, tentative de lynchage public, refus de la Direction à assumer sa responsabilité. Les investisseurs craignent peut-être aussi qu'une issue défavorable de l'affaire pour la Société Générale, dans un remake moderno-financier de l'Arroseur arrosé, entâche durablement la crédibilité de la banque, et entraîne retraits massifs de comptes et surtout dégringolade de l'activité de Banque d'Investissement.
La Direction de la Société Générale sentirait-elle le vent touner ? En tous cas, le discours a légèrement évolué. Alors que tous, il y a peu, désignaient Jérôme Kerviel comme seul coupable, son patron Mustier a déclaré : «Je ne peux pas vous assurer à 100 % qu'il n'a pas eu de complicité, mais à ce stade rien ne permet de penser qu'il a bénéficié de complicités tant internes qu'externes.»
