24 avril 2009
En guise de conclusion sur l'affaire Kerviel / Société Générale
La demande d’une nomination d’un collège d’experts indépendants par l’avocat de Jérôme Kerviel, Olivier Metzner (encore un nouveau, les précédents ne convenaient décidément pas !), me donne l’occasion de m’exprimer une dernière fois sur cette affaire. Oui, ce sera mon dernier article. La justice doit désormais faire son travail et s’exprimer sur la culpabilité éventuelle de Jérôme Kerviel. Et il n’y aura ici plus grand-chose à rajouter. Tous les éléments publics de l’enquête ont été présentés, commentés, analysés sur ce blog ; et j’en profite pour remercier les nombreux lecteurs pour leur fidélité.
La dernière « cartouche » d’Olivier Metzner n’apporte rien de nouveau aux éléments connus. Elle ressemble à une tentative désespérée de la défense pour faire entendre des arguments auxquels les juges d’instruction (Van Ruymbeke et Desset) se sont montrés sourds, même agacés.
Il y a eu les alertes, nombreuses, non suivies de rappels à l’ordre, encore moins de sanctions. Il y a eu les montants engagés par le trader, qui n’ont jamais semble-t-il, éveillé les moindres suspicions de la part de sa hiérarchie. Il y a eu les gains formidables de 2007, puis les pertes abyssales de 2008 qui ont conduit à la disgrâce. Il y a eu les dysfonctionnements invraisemblables des systèmes de contrôle de la banque, une absence coupable de management. Il y a eu tout cela… et la Socgen ne peut fuir devant sa responsabilité, considérable, d’avoir créé les conditions d’un tel cataclysme.
Mais il y a aussi, et peut-être surtout, une incapacité de la défense à démontrer, prouver, une complicité objective de la banque. Tout au plus, une négligence coupable, inadmissible à ce niveau... Mais rien en tous cas qui pourrait dédouaner Jérôme Kerviel de sa faute. La stratégie de défense du trader, dans l’esprit, « si je tombe, la banque doit tomber aussi » accable la Socgen et ses manquements, mais ne parvient pas vraiment à convaincre de l’innocence du trader. La défense le sait bien, et ce dernier baroud d’honneur ne semble pas susceptible d’inverser la tendance.
Ce dernier article est aussi l’occasion de prendre du recul, alors que la planète financière sort péniblement d’une des plus grandes tourmentes de son histoire. Il convient de noter que cette affaire, qui n’aurait pu être qu’un épiphénomène coûteux pour la banque, fut le catalyseur d’un marasme boursier considérable, et le révélateur de pratiques inouïes en salles de marchés. Jérôme Kerviel et ses prises de positions de 50 milliards, cela n’était possible que parce que le système financier est vérolé, malsain. Inutile de parler au passé. Nous voyons tous les jours que la planète finance n’attend que son redressement pour reprendre ses turpitudes. Dernier exemple, bien sûr, Dexia, et l’octroi de 8 millions d’euro de bonus à ses dirigeants bien que la banque n’ait été sauvée de la faillite que par une intervention de l’état, donc de ses contribuables. Soyons-en sûrs : la rédemption sera financière, mais pas morale.
Les dirigeants de la Socgen ont su jeter en pâture l’identité d’un homme, en dénonçant sa culpabilité au mépris de tout principe de présomption d’innocence, pour se dégager de leurs responsabilités. Il est tellement plus facile de mettre sur l’échafaud un coupable désigné que de balayer devant sa porte et s’appliquer les principes de moralisation !
Je le répète, tout est dit ici, sur ce blog… le pedigree du trader, un quidam, un trader comme les autres, avide de performances, de bonus, mais pas comme les autres parce que parent pauvre de la salle de marché, l’universitaire passé du back-office au trading, son ascension, son dérapage, sa chute, la bienveillance de la banque quand il gagnait, son lynchage en règle quand tout alla mal…
Un conte de fées financier qui a viré au cauchemar… Et désormais, un être seul face à la justice.
Il n’y a plus rien à dire… je peux me taire désormais.
09 février 2009
Jérôme Kerviel à "7 à 8" sur TF1 : "Je suis mister nobody et je veux redevenir personne"
Ca y est, le plan médiatique de Jérôme Kerviel est en marche! Après le ratage du Parisien (vraie-fausse interview basée sur des morceaux "Off" censés rester secrets), ce sont finalement la radio RTL et la grande chaine culturelle TF1 qui ont eu le priviliège d'accueillir celui qui est passé de l'anonymat à la célébrité dont il se serait bien passé, ainsi qu'il le résume dans une phrase magnifiquement préparée : "Je suis mister nobody et je veux redevenir personne". Pas sûr que l'ancien trader soit exaucé dans son souhait, lui autour duquel s'est focalisée une grande partie de l'actualité de la Socgen depuis un an. De même que le nom de Nick Leeson, plusieurs années après l'affaire, continue à symboliser ce que l'on sait, il est à parier que le nom de Jérôme Kerviel sera durablement lié aux difficultés que connaît la banque, quel que soit le dénouement du procès.
Un an après cette brusque apparition médiatique, Jérôme Kerviel ne cherche pas à travailler son statut de star malgré lui, mais joue ses dernières cartouches, alors que l'instruction ne lui a pas permis, semble-t-il, de démontrer aux juges (ou de faire accepter aux juges) que la banque était derrière tous ses agissements.
Ainsi, Jérôme Kerviel prend la France à témoin. Les juges d'instruction n'ont pas voulu aller au fond de l'affaire en allant chercher d'éventuelles preuves au siège de la banque ? Jérôme Kerviel charge son ancien employeur devant la France entière pour démontrer que, non, il n'est pas l'escroc que la banque a présenté, qu'il n'est qu'un pantin, un sbire, une machine à cash efficace que sa hiérarchie a voulu user jusqu'à la moelle, puis incriminé, jusqu'au licenciement et à la poursuite.
Si les arguments semblent plausibles, convaincants, voire sincères (et osons le dire, très crédibles, tant les banques nous ont montré depuis plusieurs mois l'étendue de leurs turpitudes financières), il reste encore des zones d'ombres que les interviews n'expliquent pas. Pourquoi a-t-il produit des faux ? Ces faux étaient-ils connus de sa hiérarchie ? Pourquoi a-t-il continué à investir de plus en plus dans les derniers jours alors que l'étau se resserait ? Toutes ces questions sans réponse me font finalement me demander si nous saurons un jour toute la vérité sur cette affaire...
En attendant le procès, il est peu probable que Jérôme Kerviel refasse une apparition dans les médias. Le jeune homme souhaite rester discret... on peut le croire. Le choix de RTL, et d'une émission telle que "7 à 8", plutôt que la grande-messe du JT de 20h démontrerait une volonté de ne pas trop se montrer, malgré tout.
Voici donc quelques éléments de Verbatim de son entretien avec le journaliste Thierry Demaizières,
"Ce n'était pas un jeu, c'était mon métier d'investir sur les marchés financiers (...) peu à peu on perd les notions des montants". "Ça va très vite, on investit de l'argent, on achète bas et on espère vendre plus cher. En 5 secondes vous pouvez investir 200 millions d"euros..."
"A la fin de la journée, mon chef me donnait une tape dans le dos en me disant : 'Alors tu as été une bonne gagneuse aujourd'hui ?"
"A aucun moment, on ne m'a dit 'arrête tes conneries. On me l'aurait dit, j'aurais arrêté" (...) "Oui j'ai fait des bêtises, il y a des opérations fictives, mais je n'ai pas falsifié les comptes (...) "On m'a laissé faire" (...) "Ils ont ouvert la voiture, on m'a donné les clefs en me faisant des gestes de la tête en disant : 'Vas-y ! Vas-y'". J'ai peut être été plus loin que les autres mais on m'a poussé"
27 janvier 2009
Jérôme Kerviel vs Société Générale : fin de l'enquête
Moins d’une semaine après les dernières auditions de Jérôme Kerviel, les juges d’instruction ont donc clos l’enquête ce lundi 26 janvier
Jérôme Kerviel et ses avocats ont maintenant trois mois pour réclamer, s’ils le souhaitent, des actes d'enquête complémentaires.
Le parquet se prononcera ensuite sur un renvoi éventuel du trader devant le tribunal correctionnel, ainsi que de son ancien assistant Thomas Mougard, le malheureux exécutant qui rappelons-le est le seul protagoniste de l’affaire (mais dans son cas, il est plus juste de parler de second, voire de troisième ou quatrième rôle !) à être mis en examen avec Jérôme Kerviel. Une aberration que j’ai largement eu l’occasion de dénoncer dans les pages de ce blog.
Compte tenu des délais, l'ordonnance de renvoi ne devrait pas être délivrée avant l'été, pour une audience qui pourrait se tenir aux alentours du printemps 2010.
22 janvier 2009
Jérôme Kerviel et la Société Générale : un an après
Il y un an jour pour jour, éclatait l’affaire de la SocGen et de son trader aujourd’hui devenu superstar, Jérôme Kerviel. Dans un climat boursier déjà tourmenté, la liquidation par la banque des positions du trader avait provoqué un premier cataclysme boursier qui avait vu le CAC 40 passer, grosso modo, de 5300 points à 4700 points.
Le 21 janvier 2009, le CAC 40 clôturait à 2900 points.
Perçue un temps comme le catalyseur d’un krach boursier, l’affaire apparaît de plus en plus, avec un an de recul, comme le révélateur d’une époque désormais lointaine, lorsque les banques, enivrées par les gains spéculatifs, rémunéraient leurs collaborateurs de bonus mirobolants et offraient à leurs actionnaires résultats stratosphériques et dividendes attractifs.
Aujourd’hui, il ne reste rien de cet Eden financier qui avait vu la vie de Jérôme Kerviel basculer du fantasme de la performance au cauchemar d’une instruction sans concession, mais aussi, de l’immaturité à l’âge adulte. Ebranlées par la crise des subprimes, essorées par la crise des liquidités, laminées par les affaires en tous genre (Madoff, pertes sur les produits dérivées pendant le krach d’automne 2008), affaiblies par la crise économique, les banques luttent pour leur survie en tant qu’entreprises privées, et les investisseurs n’en finissent plus de massacrer les cours de bourse : il y a un an, les actions de la SocGen et de BNP Paribas s’échangeaient autour de 70 euro ; aujourd’hui entre 25 et 30 euro.
La perte de 5 milliards issue de la liquidation des positions de Jérôme Kerviel dans les conditions que l’on sait, qui était perçue à l’époque comme surréaliste, inimaginable, apparaît aujourd’hui, bien que toujours considérable, comme un épiphénomène, pour ne pas dire une goutte d’eau dans un océan de catastrophes financières et économiques.
Un an donc après la révélation fracassante de l’affaire, et alors que l’instruction touche à sa fin (des auditions sont encore prévues les 22 et 23 janvier à la brigade financière, avant un renvoi éventuel de l’affaire en pénal), Jérôme Kerviel revient sur le devant de la scène. Après plusieurs mois de sollicitations, de contacts plus ou moins officiels avec les journalistes, c’est finalement le Parisien qui a dégainé le premier avec ce qui est annoncé comme une série "d'entretiens": et pour l’occasion, le Parisien ne fait pas dans la dentelle : Une complète, plus les 3 premières pages... un traitement digne d’Obama !
Mais, à en croire le principal intéressé, cette interview ne serait qu'un faux, compilé par les journalistes du Parisien à partir de confidences du trader obtenues en "off", et qui étaient censées restées privées. Et en effet, il n'y a pas à proprement parler de questions et de réponses, mais juste des citations de Jérôme Kerviel classées autour de thématiques. D'ailleurs, le mot "entretien" n'est employé qu'une fois, les journalistes, prudents, évoquant plutôt des "confessions".
Le trader déclarait ce matin à l'AFP : "Le peu que j'en ai lu m'a fait bondir. Je n'ai jamais donné d'interview. ce sont des phrases sorties de leur contexte, des morceaux mis bout à bout. Ce qui est déclaré dans ce journal n'est pas ma vérité".
Vérité ou pas, ceux qui ont suivi l’affaire depuis le début, et notamment les nombreux lecteurs de ce blog, n’apprendront de toutes façons rien de nouveau sur les événements ou les motivations du trader. Certains découvriront épouvantés que les banques (et donc leurs employés, leurs actionnaires, leurs dirigeants) ont tiré des bénéfices colossaux grâce à leurs positions baissières lors des attentats du 11 septembre, puis ceux de Londres. Une orgie financière indécente qui se terminait, comme nous l’apprend Jérôme Kerviel, par un bon vomi aux toilettes… parce que bon, gagner de l’argent lorsque des milliers de personnes meurent, c’est quand même difficilement acceptable. Je me demande ce qu’ont fait les banques de cet argent pas malhonnêtement gagné dans l’absolu… ont-elles aidé les familles des victimes, participé à des projets de reconstruction ? Je serais curieux de savoir cela.
Mais je digresse ! Pour en revenir à cet événement médiatique, cette vraie / fausse interview grille les dernières cartouches de la défense, qui réservait l'interview officielle comme moyen ultime pour tenter de retourner l’opinion des juges, ce qu'elle n'a pas réussi à faire en un an d’instruction et d’enquêtes. En quelque sorte, toucher les accusateurs en passant par le grand public, en majorité acquis à la cause du trader.
Cette arme marketing décochée à contre-temps sera-t-elle efficace d’un point de vue juridique ? On le souhaite pour Jérôme Kerviel, mais on peut en douter. L'article du Parisien n’apporte pas d’élément nouveau sur un accord tacite de la hiérarchie vis-à-vis des agissements du trader… or, cela constitue toute la stratégie de défense du trader.
15 décembre 2008
L'affaire Madoff ou le nouveau désastre d'un capitalisme malade et exsangue
360 millions de dollars pour ManGroup ; 75 millions d’euro pour Unicredit ; 450 millions d’euro pour Natixis ; 350 millions d’euro pour BNP Paribas ; peut-être 1 millard de dollars pour HSBC ; et encore Santander, Nomura, Royal Bank of Scotland ; des hedge funds laminés (7,28 milliards pour le seul fond Fairfield Greenwich ; plus d’un milliard pour Tremont ; près de 4 milliards de dollars pour les institutions suisses…) ; des particuliers américains ruinés par centaines, par milliers. Au total un montant considérable de 50 milliards de dollars partis en fumée, et la liste des victimes du pseudo-courtier ex-patron du Nasdaq Bernard Madoff ne cesse de s’allonger en ce lundi 15 décembre qui pourrait être funeste sur les marchés boursiers.
La mécanique de la fraude était très simple… tellement simple que cette simplicité en devient effrayante : Madoff rémunérait ses clients avec les apports de ses nouveaux clients. Et cela durait depuis 20 ans ! 20 ans que de grandes instituions financières confiaient et laissaient leur argent dans un gouffre… sans rien voir ! Pourquoi voir d’ailleurs, pourquoi regarder, lorsque cela rapporte ?
La supercherie a été découverte lorsque plusieurs des « hedge funds » clients, pour faire face à la crise de liquidités et à la tempête boursière, ont réclamé à Madoff tout ou partie de leurs capitaux. Bien évidemment dans l’impossibilité de rembourser, Madoff a avoué son forfait.
Mais quel rapport avec Jérôme Kerviel et l’affaire de la SocGen, me direz-vous ?!
Alors que la semaine dernière, les juges d’instruction ont rendu un rapport soulignant les dissimulations de Jérôme Kerviel, et l’absence de complicité active ou passive de la banque dans l’affaire, le cas Madoff peint un tableau du monde de la finance en ruines, décrédibilisé, usé, à genoux, vil. Ces honorables institutions financières ont pensé que l’argent était si facile qu’elles le confiaient sans contrôle à un pseudo-gourou des marchés, en réalité à un escroc sans scrupule ; elles ont aussi considéré que l’argent était tellement facile qu’on pouvait le confier à des personnes très jeunes, sans garde-fou, et valoriser chez eux l’appart du gain avec des bonus mirobolants. Lorsque ces traders rapportaient de l’argent, pas de problème ! On continue à fonctionner ainsi ! Mais lorsque les marchés deviennent si imprévisibles et volatiles que les risques sont surmultipliés et les pertes gigantesques s’accumulent, alors là, on ne savait pas, on s’est laissé abuser ! Facile non ?
Les institutions financières pouvaient-elles déceler les activités frauduleuses de Madoff ? Probablement pas… Mais je pense qu’elles sont largement coupables de s’être exposées à des marchés particulièrement risqués et d’avoir fermé les yeux lorsque les marchés montaient, et de ne les avoir ouverts que lorsque la situation devenait dramatique.
De la même façon, je ne crois pas en l’absence de complicité de la SocGen dans les agissements de Jérôme Kerviel. Même si l’ex-trader a outrepassé ses droits, même s’il a dissimulé tout ou partie de ses positions, et sans qu’on sache si la banque a pu, à un moment ou un autre, encourager les agissements de Jérôme Kerviel (cela, on ne le saura sans doute jamais...), il ne fait aucun doute que ce monde de la finance a vécu sur un train démentiel, disproportionné et déconnecté de la réalité, qui n’a pu qu’encourager ce type de pratiques.
Les crises ont souvent des vertus prophylactiques. Espérons que celle que nous vivons permettra au monde de la finance de se régénérer et d’adopter des comportements plus sains… jusqu’aux prochains excès, et jusqu’à la prochaine crise !
02 décembre 2008
Jérôme Kerviel au cinéma ? probablement une fausse information !
On ne sait trop quel crédit accorder à l'entrefilet paru ce matin dans le Figaro.fr, faisant état de pourparlers entre Jérôme Kerviel et Antoine de Caunes pour la réalisation d'un film sur les aventures du trader, et encore plus étonnant, sur le fait que Jérôme Kerviel jouerait son propre rôle.
Sur le principe, un tel projet apparaît déjà comme une incongruité, les parti-pris inhérents à ce genre d'entreprises ne pouvant apparaître que comme des éléments de défense, pour ne pas dire de propagande pro-Kerviel, alors que l'instruction n'est pas encore terminée et que l'affaire sera portée au Tribunal Correctionnel. Le jugement futur de cette affaire, et la connaissance de la vérité à venir, ne peuvent qu'avoir un impact énorme sur le contenu même du scénario.
Mais on s'étonne encore plus d'envisager que Jérôme Kerviel puisse être le héros de son propre film. Certes, des commentaires mi-amusés, mi-encenseurs n'avaient pas manqué de noter une vague ressemblance avec Tom Cruise, ce qui ferait de Jérôme Kerviel, sur le papier, une "star" de cinéma tout à fait acceptable. Mais le "héros-trader" ou si on préfère le "trader-héros" s'étant fait particulièrement discret depuis son interview ratée à l'AFP juste après le déclencement de l'affaire (voir dans ce blog), exceptées quelques apparitions ça et là sur les terrasses ensoleillées des cafés parisiens aux heures les plus tendues de l'instruction, un tel déballage médiatique ne manquerait pas de susciter la désaprobation (l'acharnement?) de ses juges, et l'amusement courroucé du peuple, probablement déçu de constater que celui qu'il perçoit comme un anti-héros victime de sa hiérarchie utilise la situation pour briller sous les feux de la rampe.
Jusqu'à présent, Jérôme Kerviel a très bien su se protéger de l'affolement médiatique autour de son auguste personne, et préserver, semble-t-il, un peu de sérénité. Prendrait-il le risque de mettre à mal ce qu'il essaie de construire depuis plusieurs mois? Difficile à envisager... Aussi, je serais fort étonné que cette "breaking news" soit avérée. Mais si elle l'était, on pourrait facilement la qualifier d'"abracadabrandestque" !
Plus légèrement, on pourra critiquer le choix d'Antoine De Caunes comme possible réalisateur du film. Visiblement peu affecté par l'échec critique et commercial de son "Coluche, l'histoire d'un mec", De Caunes souhaiterait donc remettre le couvert pour nous servir une nouvelle production marketing, misérable dans sa finalité, racoleuse, et vraisemblablement mauvaise, en bref, un navet supplémentaire à ajouter à la soupe indigeste que produit parfois le cinéma français : pas sûr que cela serve les intérêts du trader !

