SauvezKerviel : site sur l'affaire de la Société Générale

L'affaire Jérôme Kerviel et son lynchage médiatique sans précédent...

30 juillet 2008

Nouvelle stratégie de défense : à l'offensive !

Les choses bougent dans la défense de Jérôme Kerviel ! Après le bâtonnier Christian Charrière-Bournazel, démis de ses fonctions dans des conditions inconnues, c’est au tour de Maître Elisabeth Meyer d’être éconduite par l'ex-trader, alors qu’un autre avocat « historique », Guillaume Selnet, est en discussion avec lui. Pour quel motif ? Nous ne le savons pas encore.

Une équipe de choc, en tous cas par sa dimension, reprend le flambeau de la défense de Jérôme Kerviel. Emmené par Maîtres Bernard Benaiem et Eric Dupond Moretti, avocat pénaliste lillois, cet aréopage est galement composé des avocats Francis Tissot et Caroline Wassermann. Eric Hemmerdinger a lui quitté le navire peu de temps après y être monté. Mise en cause : la stratégie de défense jugée trop mollassonne de Maître Meyer, alors que selon les juges d’instruction Renaud Van Ruymbeke et Françoise Desset, l’enquête pouvait être bouclée d’ici la fin de l’été.

En durcissant sa ligne de défense, la nouvelle « dream team » n’entend pas se faire imposer ce calendrier : pour elle, l’enquête doit se prolonger beaucoup plus longtemps, en particulier pour déterminer le rôle de la banque dans les agissements de Jérôme Kerviel, et démontrer une éventuelle responsabilité partagée, entre « complaisance, ignorance fautive, et complicité par fourniture d'instructions et de moyens » selon Maître Benaiem. Elle cherche également à éclaircir les conditions de la liquidation des positions de Jérôme Kerviel, pendant 3 jours de forte turbulence boursière, qui a abouti à la matérialisation de la perte de 6 milliards d’euros..

Cette stratégie peut se résumer ainsi : si Jérôme Kerviel doit tomber, alors la Société Générale, et les responsables de la banque doivent aussi tomber. Il ne veut pas être un "bouc-émissaire".

Si le ton est en effet plus offensif, on constate toutefois que cette nouvelle stratégie n’apporte rien de plus sur le fond par rapport à ce qui est connu, relayé et largement commenté depuis bien longtemps sur ce blog, à savoir que, comme le montrent les éléments de l’enquête en cours, la responsabilité de la Société Générale apparaît de plus en plus engagée, pour sa négligence coupable voire ses encouragements à peine voilés de pratiques dangereuses. SauvezKerviel a aussi, depuis le début de l’affaire, stigmatisé les conditions précipitées et désastreuses du débouclage des positions de Jérôme Kerviel, par le plus expérimenté des traders de la banque, dans un contexte de krach boursier, qui ont abouti au désastre financier que l’on sait.

On peut d’ailleurs s’étonner que Maître Meyer n’ait pas utilisé ces éléments pour durcir sa défense, et s’étonner encore plus qu’il faille un bataillon de cinq avocats pour arriver à des conclusions qui relèvent du simple bon sens.

Si les nouveaux demandaient des investigations complémentaires et faisaient appel en cas de refus, l'instruction pourrait se prolonger pendant des mois, voire des années.

"Jérôme Kerviel avait le sentiment que tout n'avait pas été dit. L'affaire Société générale n'a pas encore commencé" a résumé Maître Bernard Benaiem, lors d’un point avec la presse ce matin. Il répondait notamment aux commentaires ironiques des conseillers de la banque du 23 juillet. Accompagné de ses collègues Jean Reinhart et François Martineau, Maître Jean Veil avait alors déclaré : "On est surpris, quand quelqu'un affirme qu'il est innocent, de penser qu'il puisse avoir envie que la procédure dure. En général, quand on est dans cette situation et surtout quand on est jeune, on a plutôt envie que la procédure soit brève pour pouvoir retravailler".

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